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AVIF : le format d’image de nouvelle génération

L’AVIF promet des images encore plus légères que le JPEG et le WebP. D’où vient-il, que vaut-il vraiment et dans quels cas faut-il l’utiliser ?

Par l’équipe ConvertiPic · Publié le 25 septembre 2026 · 5 min de lecture

Une image découpée en blocs qui se compressent en un petit fichier AVIF

D’où vient l’AVIF ?

AVIF signifie AV1 Image File Format. Comme son nom l’indique, il repose sur AV1, un codec vidéo mis au point par l’Alliance for Open Media, un consortium qui réunit de grandes entreprises du numérique et des navigateurs. AV1 a été conçu pour être libre de redevances : n’importe qui peut l’utiliser sans payer de licence, ce qui le distingue du HEVC, utilisé par le HEIC.

L’idée était de réutiliser cette technique de compression, très efficace pour la vidéo, afin de compresser des images fixes. La première version de la spécification de l’AVIF a été publiée en 2019, et le format a ensuite gagné peu à peu la prise en charge des navigateurs.

Ce qu’il apporte

L’AVIF est pensé pour offrir, à qualité visuelle égale, des fichiers plus légers que ses prédécesseurs. Ses points forts :

  • Une compression efficace, en particulier sur les images très détaillées et sur les dégradés doux, où le JPEG laisse apparaître des marches d’escalier.
  • Les couleurs étendues et le HDR, avec des images codées sur 10 ou 12 bits par couleur, là où le JPEG se limite à 8.
  • La transparence, comme le PNG et le WebP.
  • Une version sans perte, et la possibilité d’enregistrer des animations.

Concrètement, c’est un format « à tout faire » qui peut remplacer à la fois le JPEG, le PNG et le GIF. Sur le papier, c’est séduisant. Dans la pratique, il faut tenir compte de ses limites.

Ses limites

Le principal inconvénient est la vitesse. Pour trouver la meilleure représentation de l’image, l’encodeur fait beaucoup de calculs : créer un AVIF est sensiblement plus lent que créer un JPEG ou un WebP, et plus la qualité visée est élevée, plus c’est long.

La compatibilité est le second point d’attention. Les navigateurs récents lisent l’AVIF, mais ce n’est pas le cas de tous les anciens navigateurs. Hors du web, l’accueil est plus inégal : certains logiciels de retouche, aperçus de messagerie ou services de dépôt de fichiers ne le reconnaissent pas encore. Avant d’envoyer un AVIF à quelqu’un, demande-toi s’il pourra l’ouvrir.

Enfin, à un même chiffre de qualité, les rendus ne sont pas identiques d’un format à l’autre. L’AVIF a tendance à lisser les petits détails plutôt qu’à produire des blocs visibles, ce qui est agréable en photo mais peut effacer une texture fine.

Comparaison mesurée sur une même photo

Nous avons enregistré la même photographie de 3000 × 2000 pixels en JPEG, en WebP et en AVIF avec Pillow.

JPEG, WebP et AVIF à qualité comparablePoids d'une même photo : JPEG qualité 85 1,2 Mo ; WebP qualité 80 554 Ko ; AVIF qualité 60 477 Ko.JPEG qualité 851,2 MoWebP qualité 80554 KoAVIF qualité 60477 Ko
Poids d’une même photo de 3000 px de large : JPEG qualité 85 1,2 Mo, WebP qualité 80 554 Ko, AVIF qualité 60 477 Ko (mesuré avec Pillow).
Format Poids Par rapport au JPEG
JPEG, qualité 85 1,2 Mo référence
WebP, qualité 80 554 Ko environ 47 %
AVIF, qualité 60 477 Ko environ 40 %

Sur cette photo, l’AVIF est le plus léger des trois, mais l’écart avec le WebP reste modeste, moins de 15 % ici. En baissant l’AVIF à la qualité 40, le fichier tombe à 186 Ko : c’est très léger, mais à ce niveau les détails fins sont les premiers à disparaître, et il faut regarder l’image de près avant d’adopter un tel réglage.

Une précaution importante : les échelles de qualité ne sont pas équivalentes d’un format à l’autre. Ces chiffres donnent un ordre de grandeur, pas un classement définitif. La meilleure méthode reste de comparer les images à l’écran, à la taille où elles seront affichées.

Quand l’utiliser sur un site

L’AVIF est intéressant pour les images lourdes d’un site : grandes photos d’en-tête, galeries, boutiques. Chaque kilo-octet économisé accélère le chargement des pages, un point qui compte pour le confort des visiteurs comme pour le référencement.

La bonne pratique est de proposer plusieurs formats avec la balise picture. Le navigateur prend le premier qu’il sait lire :

<picture>
  <source srcset="photo.avif" type="image/avif">
  <source srcset="photo.webp" type="image/webp">
  <img src="photo.jpg" width="1200" height="800" alt="Description de la photo">
</picture>

Ainsi, un navigateur récent charge l’AVIF, un navigateur plus ancien retombe sur le WebP, et le JPEG sert de filet de sécurité. Renseigner la largeur et la hauteur évite aussi que la page saute pendant le chargement.

AVIF ou WebP : lequel choisir ?

Le choix dépend surtout de ce que tu veux optimiser.

  • Choisis l’AVIF si le poids est ta priorité absolue, que tes visiteurs utilisent des navigateurs récents, et que tu peux proposer un format de secours. C’est le cas pour de grandes photos qui pèsent lourd dans une page.
  • Choisis le WebP si tu veux un très bon compromis avec une compatibilité plus large et une création d’image plus rapide, notamment quand tu prépares de nombreuses images. Notre guide sur le WebP détaille ses forces.
  • Reste sur le JPEG pour tout ce que tu envoies à d’autres personnes ou que tu déposes sur un service dont tu ne connais pas les règles : il s’ouvre partout.

Rien n’empêche de combiner les trois, comme dans l’exemple de la balise picture plus haut : chaque visiteur reçoit alors le meilleur format qu’il sait lire.

Bien régler la qualité d’une image AVIF

Le curseur de qualité de l’AVIF n’a pas la même signification que celui du JPEG. Une méthode simple consiste à partir d’une valeur moyenne, autour de 60, puis à ajuster :

  1. Convertis la photo et affiche-la à la taille réelle d’utilisation, pas en miniature.
  2. Regarde les zones fragiles : ciel dégradé, peau, feuillage, texte incrusté.
  3. Si tu vois du flou ou des aplats inattendus, augmente la qualité. Si tout est net, essaie de la baisser pour gagner encore du poids.
  4. Arrête-toi juste avant que les défauts deviennent visibles.

Cette démarche vaut pour tous les formats avec perte, mais elle est particulièrement utile avec l’AVIF, dont les défauts ne ressemblent pas aux « carrés » habituels du JPEG : l’image devient plutôt lisse, comme passée au pinceau.

Convertir en AVIF avec ConvertiPic

Pour créer un AVIF à partir d’une photo, utilise la conversion JPG en AVIF. Tu peux déposer jusqu’à 20 images de 10 Mo chacune, régler la qualité, et télécharger le résultat fichier par fichier ou dans un ZIP. Pour faire l’inverse, AVIF en JPG rend l’image lisible dans n’importe quel logiciel.

Si tu veux simplement alléger des images sans changer de format, l’outil Compresser travaille directement dans ton navigateur et propose le JPEG et le WebP : tes fichiers ne quittent pas ton appareil.

Comment nous avons mesuré

La photographie utilisée est une image de la NASA du domaine public, ramenée à 3000 pixels de large. Chaque poids est celui d’un encodage réalisé avec Pillow et son extension AVIF : JPEG à la qualité 85, WebP à la qualité 80, AVIF à la qualité 60. Un autre encodeur ou une autre image donnerait des chiffres différents ; c’est pourquoi nous les présentons comme des ordres de grandeur.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le format AVIF ?

L’AVIF est un format d’image récent, dérivé du codec vidéo AV1, conçu pour offrir un très bon rapport entre qualité et poids. Il gère la transparence, les couleurs étendues et peut compresser avec ou sans perte.

L’AVIF est-il plus léger que le WebP ?

Sur notre photo de test, un AVIF qualité 60 pèse 477 Ko contre 554 Ko pour un WebP qualité 80. L’écart existe, mais les échelles de qualité ne sont pas identiques : compare toujours les rendus à l’œil avant de choisir.

Tous les navigateurs lisent-ils l’AVIF ?

Les navigateurs récents le lisent, mais pas tous les anciens ni tous les logiciels. Sur un site, il faut prévoir un format de secours, JPEG ou WebP, grâce à la balise picture, pour ne laisser personne sans image.

Pourquoi l’AVIF est-il plus lent à créer ?

Ses algorithmes cherchent la meilleure façon de représenter chaque zone de l’image, ce qui demande beaucoup de calculs. Créer un AVIF prend donc plus de temps qu’un JPEG ou un WebP, surtout pour de grandes images.