BMP et TIFF : deux formats anciens, quand les convertir ?
Une image de 18 Mo alors qu’un JPEG en fait 1 ? Le BMP et le TIFF sont des formats de précision, pas de partage. Voici quand les garder, et quand les convertir.
BMP : le bitmap de Windows
BMP signifie « bitmap », c’est-à-dire une carte de points. C’est le format d’image historique de Windows : le plus simple qui soit. Il ne compresse rien. Il enregistre chaque pixel l’un après l’autre, avec trois octets par pixel, un pour le rouge, un pour le vert et un pour le bleu.
Cette simplicité permet de calculer son poids sans même ouvrir le fichier : largeur × hauteur × 3 octets. Pour une image de 3000 × 2000 pixels, cela donne 18 000 000 octets, soit 18 Mo. Nous l’avons vérifié en enregistrant une photo dans ce format : 18 000 054 octets, les 54 octets supplémentaires correspondant à l’en-tête du fichier.
Le poids d’un BMP ne dépend donc ni de la photo, ni de la complexité de l’image : une image entièrement blanche pèse autant qu’un paysage. C’est un format qu’on ne croise plus qu’occasionnellement, dans des logiciels anciens, des captures d’écran de systèmes anciens ou des échanges avec du matériel industriel.
TIFF : le format de l’impression et de l’archivage
Le TIFF (Tagged Image File Format) est né dans les années 1980 pour l’édition et la numérisation. Il est resté un standard dans plusieurs métiers : photographie professionnelle, imprimerie, scanners, archives documentaires.
Ses atouts tiennent à sa souplesse :
- Sans perte. Il conserve chaque détail, ce qui est essentiel avant une retouche ou une impression.
- Des options de compression. Un TIFF peut être non compressé ou compressé sans perte, avec des méthodes comme LZW ou ZIP.
- Plusieurs pages ou images dans un seul fichier, ce qui explique son usage pour les documents numérisés.
- Une grande profondeur de couleur, et la prise en charge de plusieurs modes colorimétriques, dont ceux de l’impression.
Cette richesse a un revers : un TIFF est lourd, peu supporté par les navigateurs et les messageries, et il existe de nombreuses variantes que tous les logiciels ne lisent pas.
Comparaison mesurée sur une même photo
Nous avons enregistré la même photographie de 3000 × 2000 pixels dans quatre formats avec Pillow.
| Format | Poids |
|---|---|
| BMP | 18,0 Mo |
| TIFF, compression LZW | 14,7 Mo |
| PNG | 7,3 Mo |
| JPEG, qualité 85 | 1,2 Mo |
Deux choses ressortent. D’abord, la compression LZW du TIFF ne fait gagner que 18 % sur cette photo : elle est efficace sur les aplats, pas sur les nuances d’une photographie. Ensuite, l’écart est considérable avec le JPEG : le BMP pèse environ quinze fois plus, pour une différence de rendu que peu de personnes verraient à l’écran.
Quand garder un TIFF, quand convertir
Garde le TIFF lorsque :
- tu archives un original numérisé ou photographié, pour lequel tu veux conserver la meilleure qualité possible ;
- tu vas retoucher l’image plusieurs fois et veux éviter toute perte cumulée ;
- l’imprimeur ou le service auquel tu t’adresses demande explicitement ce format.
Convertis-le lorsque :
- tu veux l’envoyer par e-mail ou le déposer sur un formulaire : un fichier de 15 Mo dépasse souvent les limites de taille ;
- tu le publies sur un site web : aucun navigateur ne l’affiche de façon fiable ;
- tu veux simplement le voir ou le partager avec quelqu’un qui n’a pas de logiciel spécialisé.
Pour le BMP, la règle est plus simple encore : sauf contrainte particulière, convertis-le. Il n’a aucun avantage sur le PNG, qui donne les mêmes pixels dans un fichier bien plus léger.
Pourquoi ces formats existent encore
Si le BMP et le TIFF paraissent démodés, c’est parce qu’ils répondent à des besoins qui ne sont pas ceux du grand public. Le BMP est tellement simple qu’un programmeur peut le lire ou l’écrire en quelques lignes de code, ce qui le rend pratique pour des appareils modestes, des logiciels anciens ou des systèmes embarqués. Le TIFF, lui, a été conçu pour que rien ne se perde entre le scanner, la retouche et l’imprimerie, avec une quantité de réglages que peu de formats offrent.
Aucun de ces deux formats n’a été pensé pour être affiché sur une page web ou envoyé à un proche. Quand tu en reçois un, c’est presque toujours l’occasion de le convertir.
Comment les reconnaître et les ouvrir
Un fichier BMP porte l’extension .bmp, un TIFF l’extension .tif ou .tiff : les deux sont équivalents. Sur un ordinateur, le BMP s’ouvre avec la plupart des visionneuses. Le TIFF s’ouvre moins facilement selon les variantes, et beaucoup de téléphones et de messageries ne savent pas l’afficher. C’est une raison de plus de passer par un JPG ou un PNG dès que tu veux le partager.
Convertir un BMP ou un TIFF avec ConvertiPic
- Pour un partage ou un usage courant, utilise BMP en JPG ou TIFF en JPG. Le résultat est léger et lisible partout. Le réglage de qualité par défaut est de 85.
- Pour ne rien perdre, choisis PNG comme format de sortie dans la page de conversion : le fichier sera plus léger que l’original, sans dégradation.
Tu peux déposer jusqu’à 20 fichiers de 10 Mo chacun. Un TIFF non compressé de grande dimension dépasse vite cette limite : dans ce cas, redimensionne-le d’abord, ou enregistre-le avec une compression dans ton logiciel. Pour choisir entre JPEG et PNG, notre guide comparatif détaille chaque usage.
Les pièges à connaître
- Les TIFF de plusieurs pages. Nous l’avons vérifié avec un fichier de deux pages : ConvertiPic ne convertit que la première. Si tu as besoin de toutes les pages, sépare-les auparavant.
- Les couleurs d’impression. Un TIFF destiné à l’imprimerie est parfois en mode CMJN, cyan, magenta, jaune et noir. À la conversion, l’image est transformée en RVB, le mode des écrans. Le résultat convient pour l’écran, mais ne remplace pas le fichier d’impression : conserve donc l’original.
- Les fichiers très grands. Une image de plus de 25 millions de pixels est refusée par l’outil. Réduis-la d’abord avec Redimensionner si nécessaire.
- Les métadonnées. Par défaut, elles ne sont pas conservées dans le fichier converti. Une case permet de les garder si tu en as besoin.
Comment nous avons mesuré
La photographie de test est une image de la NASA du domaine public, réduite à 3000 pixels de large, puis encodée avec Pillow dans chaque format : BMP, TIFF avec compression LZW, PNG optimisé et JPEG à la qualité 85. Le calcul du poids d’un BMP a été confirmé par le fichier obtenu. Le comportement des TIFF de plusieurs pages et des TIFF en CMJN a été vérifié avec l’adaptateur d’images qu’utilise le serveur de ConvertiPic, sur des fichiers de test.
Questions fréquentes
Pourquoi un fichier BMP est-il si lourd ?
Le BMP n’est pas compressé : il enregistre chaque pixel avec trois octets, un par couleur. Une image de 3000 par 2000 pixels pèse donc environ 18 Mo, quel que soit son contenu, alors qu’un JPEG la ramène à un ou deux mégaoctets.
Le TIFF est-il meilleur que le JPEG ?
Le TIFF conserve tous les détails, sans perte, ce qui le rend précieux pour l’impression, la retouche et l’archivage. Il n’est pas meilleur pour autant : il est beaucoup plus lourd et rarement accepté pour le partage ou le web.
Que devient un TIFF de plusieurs pages à la conversion ?
Un fichier TIFF peut contenir plusieurs pages. Avec ConvertiPic, seule la première page est convertie : pour traiter chaque page, sépare d’abord le fichier avec un logiciel adapté.
Peut-on convertir un BMP ou un TIFF sans perte ?
Oui, en choisissant le PNG comme format de sortie : il compresse sans perte et redonne exactement les mêmes pixels, dans un fichier bien plus léger. Le JPEG, lui, allège davantage mais avec une perte de qualité.